Installé dans les quatorze derniers étages de la Shinjuku Park Tower de Kenzo Tange, avec la ville déployée à ses pieds et le mont Fuji apparaissant au loin comme une planète enneigée, le Park Hyatt Tokyo est un hôtel iconique, presque comparable à un vaisseau spatial. Ouvert en 1994, il était immédiatement devenu une référence pour son élégance distante et ses intérieurs modernistes lumineux conçus par John Morford. Un refuge hors du temps pour les voyageurs internationaux, flottant dans une stratosphère de pouvoir et de calme.
Près de dix ans plus tard, Sofia Coppola a transformé cette qualité presque irréelle en une méditation sur la solitude, en faisant du Park Hyatt Tokyo le décor de Lost in Translation.
Un design doit être profondément puissant pour susciter des interprétations aussi diverses et des attachements aussi durables. À la fois tourné vers l’extérieur et introspectif, l’hôtel possède une nature paradoxale qui appelait une intervention d’une grande sensibilité au moment de sa mise à jour.
Comment moderniser un bâtiment pensé pour incarner la modernité ?
Comment respecter un héritage sans céder à la nostalgie ?
Comment répondre aux attentes contemporaines des voyageurs sans altérer l’image intacte qu’ils conservent d’un chef d’œuvre ?
